Jean-François Rauzier
Babylones

Vernissage le jeudi 8 octobre 2020 de 15h à 21h30. Exposition du 9 octobre au 28 novembre 2020

Né en 1952 à Sainte-Adresse, Jean-François Rauzier a été formé à l’École nationale supérieure Louis Lumière. Il exerce d’abord en tant que photographe publicitaire, développant parallèlement une œuvre de peintre et de sculpteur.

C’est en 2002 que son travail artistique prend une tournure radicale : précurseur de l’assemblage numérique, il invente le concept de l’Hyperphotographie. Jean-François Rauzier réunit des milliers de clichés pris au téléobjectif pour composer des univers surréalistes à partir de lieux existants. En créant des œuvres souvent démesurées, en passant de l’infiniment grand à l’infiniment petit, il nous fait voyager dans des mondes oniriques, fantastiques et intemporels, foisonnants de références culturelles.

Le travail de Jean-François Rauzier est présenté en France aussi bien dans des institutions privées que publiques, et à travers le monde (New-York, Londres, Amsterdam, Barcelone, Istanbul etc.). Ses œuvres figurent dans de grandes collections d’art contemporain dont Louis Vuitton, Laurent Dumas / Emerige, etc.

"Babylones" est la première exposition de Jean-François Rauzier à la Galerie Guillaume. 15 photographies, la plupart inédites, seront dévoilées au public parisien, dont les très étonnantes photographies de la série des "Babels".

 

Trop souvent nous percevons la photographie à partir du fameux « ça a été » de Barthes. Autant dire comme une suspension du temps, un simple arrêt sur un instant passé, révolu, figé. Or, s’il est un artiste réfutant cette malédiction mortifère, c’est bien Jean-François Rauzier. Ses images ou plus exactement ses photomontages déjouent le temps, l’inversent même. Elles puisent leurs origines dans le réel, notre réel. Ce photographe ne cesse d’arpenter notre planète, glanant des milliers de vues qu’il archive puis assemble dans des œuvres foisonnantes, presque baroques. L’œil y reconnait des motifs, des architectures, des fragments rassurants de choses vues, mémorisées. Toutes ces séries – notamment La Balade de Paris – en attestent avec force. En même temps, ce qui est là devant nous, ce qui se présente sous la forme imposante d’un tableau photographique, est tout autre chose. Il faut effectivement se perdre dans ces images, se noyer dans l’avalanche de détails, naviguer dans les références explicites allant de la grande histoire de l’art à celle, plus contemporaine, des médias. Prenons la série des Babels. Babel offre l’exemple d’un mythe occidental devenu, avec le temps, universel. Ne met-il pas en scène la fameuse Hybris grecque, cette propension à la démesure et à l’orgueil face au divin ? Dieu avait tranché : désormais mille langues et frontières sépareront les humains. Pour Jean-François Rauzier, Babel se vit au présent. Elle est cette absence d’humilité, ce besoin de défier l’impossible. Plier et contraindre la nature de notre monde en quelque sorte. C’est bien ce qu’il met en scène. Mais, comme souvent chez lui, ce foisonnement prend la forme classique d’anciennes oeuvres. Ici, Van Valkenborch, Brueghel le Jeune et l’Ancien, Van Cleve, autant de peintres dont il actualise la composition et les tons. Voilà donc un art qui s’avance masqué. Au-delà d’un jeu faussement nostalgique envers les œuvres du passé, Jean-François Rauzier recompose notre présent pour mieux convoquer notre avenir. Le dédale des références, la disjonction entre une composition d’ensemble et l’infini brouillage des détails n’ont qu’un seul but : mettre en ébullition notre imaginaire. Il y a du chaos chez lui. Mais un chaos qui rejoint le cosmos. Oui, voilà bien un art qu’il faut reconstruire mentalement pour mieux le contraindre à se fondre dans notre soif éternelle de rêves. Là résident sa puissance et son actualité. Là réside tout autant sa position singulière et, avouons-le, unique. 

Damien Sausset

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

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  • Babel I, Paris (d'après Brueghel l'Ancien)

    , 2018

    , Tirage classique sous diasec

    , 120x160cm 13000€

  • Babel XV, d'après Van Valckenborch, Parlement européen de Strasbourg

    , 2020

    , Tirage classique sous diasec

    , 86x110cm 7500€

  • Scottish National Gallery

    , 2019

    , Tirage classique sous diasec

    , 120x200cm 17000€

  • Saint Marc

    , 2018

    , Tirage classique sous diasec

    , 120x250cm 17000€

  • National Gallery

    , 2018

    , Tirage classique sous diasec

    , 172x100cm 12500€

  • Babel XLVII, New York

    , 2018

    , Tirage classique sous diasec

    , 172x100cm 10500€

  • Babel X, d'après Brueghel le Jeune

    , 2016

    , Tirage classique sous diasec

    , 120x160cm 13000€

  • La balade de Paris, extrait 661 (Grand Palais)

    , 2010/en cours

    , Tirage classique sous diasec

    , 60x120cm 5000€

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