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Rencontre avec Bertrand Vergely

26 january 2017

Le philosophe Bertrand Vergely était hier soir l'invité des Rencontres de la Galerie Guillaume sur la question du beau. Qu'est-ce que le beau ? Qu'est-ce que la beauté ? Vaste sujet... Bertrand Vergely dit tout de suite : pourquoi avons-nous perdu le sens de la beauté ? Parce que, selon lui, la culture de la rébellion a remplacé depuis la Révolution la culture du sacré. Nous avons peur d'admettre le beau car nous n'osons plus dire que la transcendance existe, que le sacré existe, que le divin existe. Or, tout ceci est extrêmement lié. Nous avons pris de fâcheuses habitudes d'intellectualiser les choses plutôt que de les vivre. La beauté ne se prouve pas, mais s'éprouve. Même les choses les plus simples : les premiers rayons du soleil sur la montagne, la contemplation d'un jardin, un enfant qui se jette dans les bras de sa mère, etc. À l'opposé des exemples les plus quotidiens, se dresse le génie des grands hommes, comme Verdi, porté en liesse à chaque fin de ses concerts, ou Mozart. Ils ont su "rentrer en eux-mêmes pour y trouver l'essentiel qui nous rejoint tous". En ce qui concerne l'art, Bertrand Vergely rappelle les exemples fameux d'œuvres comme Le bœuf écorché de Rembrandt, qui prouvent que "le miracle du beau est sa capacité à aller dans le laid, le hideux, pour le rendre sublime". Baudelaire disait bien : "Donne-moi ta boue et j'en ferai de l'or". Peut-on appliquer cela aux exemples chocs de l'art contemporain, comme Damien Hirst qui met des requins et des cervelles de mouton dans du formol, ou Wim Delvoye et sa machine à fabriquer des excréments ? Certainement pas, répond Bertrand Vergely : car l'intention n'est pas du tout la même, et il faut se garder des "artistes manipulateurs". En conclusion, Bertrand Vergely redit l'intimité entre le beau et le sacré, rappelant les Grecs qui vivaient intensément la beauté parce qu'ils vivaient avec les Dieux. Ce peuple a défini les notions du vrai, du bien et du beau. Mais des trois, le beau était ce "qui était plus que les deux autres".

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Rencontre avec Christine Buci-Glucksmann

01 december 2016

Jeudi 1er décembre nous avons reçu à la Galerie Guillaume pour la troisième rencontre du cycle sur "la beauté" la philosophe de l'art Christine Buci-Glucksmann. Ce fut passionnant. Christine Buci-Glucksmann, érudite et grande voyageuse, s'intéresse depuis toujours aux autres cultures et à l'ailleurs. Elle est une grande spécialiste du sujet de l'ornement en Orient. Enseignante pendant trente ans en université, elle nous a livré un cours magistral sur la beauté entre Orient et Occcident, partant des œuvres de l'artiste franco-marocaine Najia Mehadji accrochées sur les murs de la galerie pour l'occasion. Il fut beaucoup question du "décoratif", un mot souvent péjoratif dans la bouche des dignitaires de l'art contemporain en France. Or, "on ne peut penser le beau sans le décoratif", dit Christine Buci-Glucksmann, citant entre autres exemples l'Alhambra de Grenade. Christine Buci-Glucksmann parle plutôt de "l'ornement" qui est le mot juste. Pour elle, "l'ornement est la parure du beau". Et de rappeler Matisse et Paul Klee qui, ayant eu la révélation de l'Orient, témoignent du lien étroit entre beauté et ornemental dans leur œuvre. Depuis Baudelaire et sa reformulation de la notion du beau ("le beau, c'est le bizarre"), il y a une crise profonde de la beauté. Hier soir, Christine Buci-Glucksmann a remis les pendules à l'heure en concluant : "la beauté n'est jamais prouvée, mais elle est à éprouver".

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Vernissage de l'exposition "Verticales"

Béatrice Arthus-Bertrand et Marie-Noëlle de la Poype

30 november 2016

Mercredi 30 novembre avait lieu à la galerie le vernissage de l'exposition "Verticales" des sculptures de Béatrice Arthus-Bertrand et de Marie-Noëlle de la Poype. Nombreux étaient les amis et les proches des deux artistes qui sont venus admirer leurs dernières œuvres, comme Yann, frère de Béatrice, ou Gonzague Saint-Bris, ami de Marie-Noëlle. Tous ont découvert et apprécié "les différences harmonieuses" des deux œuvres. Tandis que les premiers frimas de l'hiver commençaient à tomber, les sculptures blanches et brunes donnaient davantage encore de leur intense proximité avec la nature. L'exposition se tient à la galerie jusqu'au 19 janvier 2017.



















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Rencontre avec Jean-Paul Avice

Baudelaire et la beauté

03 november 2016

Jean-Paul Avice a longtemps travaillé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris où il a organisé diverses expositions littéraires (Apollinaire, Nerval, Baudelaire etc.) Il a, avec Claude Pichois, publié plusieurs livres sur Baudelaire dont Baudelaire/Paris, (Quai-Voltaire/Paris-Musées 1993), Dictionnaire Baudelaire (Du Lérot, 2002), Baudelaire, l’ivresse des images (Textuel, 2003), Les Dessins de Baudelaire (Textuel, 2003). Au cours de la soirée, Jean-Paul Avice a illustré son propos en lisant des textes de Baudelaire.

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Rencontre avec Martin Steffens

12 october 2016

Nous avons été gâtés mercredi 12 octobre en écoutant le philosophe Martin Steffens à la Galerie Guillaume dans le cadre des rencontres sur "le courage". C'est en effet un cours magistral et lumineux que ce jeune professeur de philosophie en classes préparatoires, très remarqué ces dernières années par plusieurs livres ("Petit traité de la joie", "La vie en bleu" entre autres) nous a fait ! Lumineux, Martin Steffens l'est par son regard, par sa vie qui est devenue toute autre depuis sa conversion à la foi chrétienne il y a vingt ans après des années de vide et de recherche d'idoles. En vrac et très résumé : le courage est la vertu de celui qui traverse sa peur. Toujours en vue du bien. Il n'a donc rien à voir avec le culot ou l'audace. Il a une dimension morale, il vient du cœur. Il faut donc avoir une sensibilité au bien pour être courageux, et même parfois "cultiver ses blessures". Le courage est une vertu d'obéissance ("je n'ai fait que mon devoir" entend-t-on). Il nécessite la décision, l'engagement personnel, et implique le risque qu'il faut prendre, parfois une certaine folie. Le courage nécessite de faire infiniment confiance. C'est un acte d'amour. Alors faut-il être un héros pour être courageux ? Non, conclut Martin Steffens. Le jour où nous devrons poser un acte de courage, qui que nous soyons, il nous sera donné la force de le faire.

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Rencontre avec Jean de Loisy

05 october 2016

Mercredi 5 octobre avait lieu à la Galerie Guillaume la première rencontre du cycle de Rencontres autour de la beauté, avec Jean de Loisy, l'une des personnalités les plus en vue du monde de l'art contemporain en France. Jean de Loisy est en effet président du Palais de Tokyo depuis 2011, commissaire de multiples expositions, dont la dernière Nuit blanche à Paris, après avoir été conservateur à la Fondation Cartier et au Centre Pompidou. Qu'est-ce que la beauté, notamment celle des œuvres d'art ? Qu'est-ce que la beauté pour Jean de Loisy, qui a organisé l'exposition "La Beauté" à Avignon en 2000 ? Que répond-il aux détracteurs de l'art le plus contemporain, souvent déconcertés en visitant le Palais de Tokyo ? Pour illustrer son propos, Jean de Loisy a montré quantité d'images d'œuvres d'art remontant à la nuit des temps, certaines objectivement effrayantes, comme une immense sculpture pré-colombienne chargée de symboles morbides. Jusqu'à la sanguinolente "Nature morte avec une tête d'agneau" de Goya, l'un des chefs d'œuvres du maître espagnol conservé au Louvre, qu'il met sur le même plan qu'une œuvre de Damien Hirst, le sulfureux artiste contemporain britannique. Jean de Loisy dit ne pas savoir toujours s'il y a une différence entre la beauté et la laideur. Par contre, les œuvres diffèrent toujours par leur sens ou leur non sens, la force qu'elles portent, et c'est avant tout cela qui l'intéresse. Il conclut son intervention en demandant de "faire confiance aux artistes, eux qui nous rendent plus vastes que ce que nous sommes, qui révèlent la part d'illimité qui est en nous".

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